La Flèche Vélocio

 

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De LUZARCHES aux ORRES par la Flèche PARIS – BRIANCON

(Maurice CONSTANTIN)

 

 

         Luzarches le 5 juillet 1997 , il est 5h50 , le jour vient de se lever , nous montons sur nos vélos direction…  Les ORRES  (près d’EMBRUN)  Hautes Alpes

 

         En compagnie d’Olivier , mon fils , 25 ans , professeur d’éducation physique et sportive et triathlète  et de Pierrot et Colette , mes amis cyclotouristes confirmés , nous nous élançons pour 900 km…

 

Pourquoi Les Orres ?

 

        J’ai découvert cette station de ski en février 1976 grâce au comité d’entreprise de mon employeur ;Je suis tombé amoureux de cette jeune station  qui nous offre , en plus des plaisirs de la neige qu’elle procure dans un environnement exceptionnel ,(forêt de mélèzes ,résidences disséminées ,vue sur le lac de SERRE-PONCON ,(plus grand barrage de terre d’Europe) , toute une panoplie d’activités l’été :ballades , VTT , piscine de plein air au dessus du lac et d’Embrun 15 km plus bas , tennis , cheval , ball-trap , tir à l’arc , animations pour tous les âges :pour le lac , natation , planche à voile , bateau et pour la Durance qui le traverse rafting , hydro-speed , et pour les amateurs de cyclisme des parcours magnifiques avec les célèbres cols de l’Izoard  , de Vars , du Lautaret ou du Galibier et la montée des Orres…sans oublier le fameux EMBRUN-MAN , le triathlon  longue distance le plus dur  du Monde avec sa montée de l’Izoard :3.8km de natation , 180 km de cyclisme , et42.195 km de course à pieds (c’est le marathon).

 

Pourquoi Les ORRES ?

 

        Maintenant que je suis à la retraite et disposant de plus de temps pour la pratique du cyclisme après Paris – Roubaix pour mes 40 ans et Bordeaux – Paris pour mes 50 ans ,une descente aux Orres s’imposait pour mes 55 ans , coin de montagne où j’aimais me retrouver été et hiver.

 

Le circuit préparé par Pierrot empruntait la totalité de la flèche « Paris – Briançon » mais nous partirons de Luzarches ,mon domicile actuel , pour finir aux Orres ,avec au passage quelques cols…mais on en parlera plus loin .En ce jour du départ de «  La Grande Boucle » ,cette 1ère journée s’annonce belle ,la pluie continuelle des dernières semaines ayant cessé la veille .Nous traversons PARIS , presque désert en ce samedi , avec un certaine griserie, par les boulevards des maréchaux et rejoignons la porte d’Ivry pour le 1er pointage de notre carte de route. Forêt de Sénart et de Fontainebleau , Moret sur Loing , nous faisons étape à Coulanges sur Yonne où nous retrouvons Nicole ,ma femme , qui fait du tourisme la journée et nous amène les bagages , le soir à l’hôtel  précédemment réservé par Colette. Déjà 245km.

La 2ème étape (206km) nous conduira à Cluny , avec un déjeuner à Montcenis , chez des amis qui nous soigneront au « GEVREY-CHAMBERTIN »…La dernière heure de cette journée sera «  enroulée » à 35 kmh, mais ce ne fut pas le cas le matin de 7h30 à 14 h car la traversée du Morvan fut difficile avec des dénivelés permanents .Les magnifiques paysages de l’Yonne de la Nièvre ou de la Saône et Loire ,récompenseront  cependant et de loin, notre débauche d’efforts. En fin d’étape , l’éclatement à la roue arrière du tandem fut le seul incident ,sans conséquence , de notre périple.

 

 

                  Le 3ème jour était prévu être le plus dur …et il le fut. Départ 7 h ,arrivée 20h , pour 217 km .Perte de temps pour trouver le bon parcours, mais magnifiques les paysages des vignobles de Bourgogne et les vallées de la Saône ou du Rhône .Nous longeons la centrale nucléaire de Creys-Malville , nous effectuons les 3 ou 4 pointages journaliers dans les villes imposées par notre carte de route ,  et pour finir cette journée…2 cols courts mais durs nous attendent :Grusille et l’Epine  8 et 9 km , avec des passages à 10 et 12 % .En fin d’étape ,ça compte et ça coûte à l’organisme…mais quel plaisir, au sortir du 2ème col ,d’embrasser d’un coup la vallée et le lac du Bourget d’un côté et Chambéry de l’autre ;Nous rejoindrons d’ailleurs ,  le point de vue pour savourer quelques minutes ce spectacle .Il ne restait plus qu’à descendre à Montmélian retrouver notre chauffeur , nos sacs et une bonne douche.

 

             Mardi 8 , une grande journée nous attend. Après quelques photos sur l’Isère , nous longeons la rivière l’Arc par la nationale 6 , passage obligé jusqu’à ST-Michel de Maurienne La route est belle mais dangereuse par le nombre impressionnant de camions qui nous frôlent des fois , en direction de l’Italie .Les 70 km d’échauffement parcourus en 3 h ne seront pas de trop pour attaquer le col du Télégraphe , c’est en fait le marchepied du Galibier.13 km d’ascension pour presque 900m de dénivelé ,ça passe bien malgré les mouches en chapelet derrière nos têtes…A Valloire ,crudités , agneau aux petits légumes , badoit…et 2 h plus tard , j’ étais en haut du Galibier , Olivier m’ayant précédé depuis plus d’une ½ h , le tandem arrivant par la suite :  sommet à 2647m pour 1217m de dénivelé .Joie ,photos , il y a encore des plaques de neige ,le col n’est ouvert que depuis 8 jours seulement. Ce fut  dur, mais c’est si beau  ,seul contre soi , dans cette immensité déserte ,la montée n’en finissant pas de ses 17 km d’ascension avec ses passages à 12%…c’est la qu’on se rend compte que l’entraînement et la préparation servent à quelque chose .Il ne nous reste plus qu’à descendre jusqu’à Briançon, par l’autre côté du Galibier d’abord et le Lautaret ensuite (9 +28 km)quel régal , sauf pour le tandem avec ses jantes en acier qu’il faut refroidir tous les 3/4 km dans les premières descentes rapides et sinueuses du Galibier.

 

         A Briançon ,un dernier tampon sur notre carte conclue notre flèche de ses 771 km mais pas mon objectif :Luzarches – Les Orres.

 

       Le mercredi , 5ème et dernier jour nous ne rallierons pas les Orres par la route directe  mais nous crochèterons par le col de l’Izoard ,pour le tampon des provinces françaises et histoire de continuer en beauté  notre traversée  alpestre. Ca monte dès la sortie de l’hôtel pendant 20 km puis c’est l’attaque des 15 km du col .Dur !Dur ! Enfin le sommet de l’Isoard avec ses 2360 m Ouf !!!Et c’est la descente , la casse déserte,  les stèles de Fausto Coppi et de Louison Bobet , Brunissard ( dans l’autre sens…)Arvieux , enfin le Guil, dans la vallée du Queyras , que nous longerons jusqu’à Guillestre. A 13h45 , nous sommes à Embrun , un déjeuner de 50mn et la dernière montée  des Orres (15km) à  8% nous attend. J’appréhendais cette ultime difficulté mais j’étais  « chez moi » et c’est avec une grande facilité et une certaine joie interne que j’effectuais cette ascension, point final de mon projet ,qui n’en est plus un, en attendant le prochain.

 

 

 

5 juillet 1997     :1ère étape :  Luzarches –Coulanges      :245km

6                        :2ème            Coulanges –Cluny             195km

7                        :3ème            Cluny   - Montmellian       181km

8                        :4ème            Montmellian  – Briançon   142km

9                        :5ème            Briançon –Les Orres          92

 

Préambule
J'ai écrit cette nouvelle , à la suite d'un concours de "Nouvelles" durant mon activité professionnelle et je voulais vous en faire profiter, car elle met en parallèle 2 Bordeaux Paris, très différents  qui ont marqué mon arrivée en Picardie.
Je vous souhaite une bonne lecture
Jeannot

FFCT
CoDep 60